L’IPv4 (Internet Protocol version 4) est la première version du protocole IP à avoir été déployée à grande échelle, et elle reste en 2026 le socle de la majorité des échanges sur internet. Une adresse IPv4 identifie un appareil sur un réseau grâce à 32 bits, écrits sous la forme de quatre nombres compris entre 0 et 255 séparés par des points, par exemple 192.0.32.7. Pour connaître votre adresse IPv4, il faut distinguer l’adresse publique, visible depuis internet, et l’adresse locale attribuée par votre box ou votre routeur : chacune se consulte en quelques secondes.
- Définition : une adresse IPv4 est un identifiant numérique de 32 bits, noté en quatre blocs décimaux (de 0 à 255).
- Exemple : 192.168.1.20 pour une adresse locale, 192.0.32.7 pour une adresse publique.
- Capacité : 2 puissance 32, soit 4 294 967 296 combinaisons théoriques, dont une partie est réservée.
- Trouver la sienne : commande ipconfig (Windows) ou ip addr (Linux) pour l’adresse locale, page de test de connectivité pour l’adresse publique.
Adresse IPv4 : ce que recouvre l’Internet Protocol version 4
Le protocole IP sert à acheminer des paquets de données d’un point A à un point B. Pour y parvenir, chaque équipement relié au réseau reçoit une adresse, un peu comme une adresse postale numérique. Routeurs, serveurs, postes de travail, imprimantes, caméras, bornes Wi-Fi : tout ce qui communique en IP porte au moins une adresse.
La version 4, que l’on écrit aussi ip v4, repose sur un format de 32 bits. Ce choix, logique à l’époque où quelques milliers de machines étaient interconnectées, explique à la fois sa simplicité et sa principale limite, à savoir un stock d’adresses fini. Malgré l’arrivée d’IPv6, les adresses IPv4 restent omniprésentes, parce que la quasi-totalité des équipements, des logiciels et des opérateurs les gèrent nativement.
Une adresse IPv4 se décompose en deux parties : la partie réseau, qui désigne le sous-réseau auquel appartient l’appareil, et la partie hôte, qui désigne l’appareil lui-même dans ce sous-réseau. Le masque de sous-réseau (par exemple 255.255.255.0, ou /24 en notation CIDR) indique où se situe la frontière entre les deux.
Exemple d’adresse IPv4 : lire les quatre octets
Prenons une adresse IPv4 exemple très courante dans les réseaux d’entreprise : 192.168.10.25 avec un masque /24. Chaque bloc correspond à un octet, c’est-à-dire 8 bits. L’ordinateur, lui, ne voit qu’une suite de 32 zéros et uns.
| Octet | Valeur décimale | Valeur binaire | Rôle avec un masque /24 |
|---|---|---|---|
| 1er | 192 | 11000000 | Réseau |
| 2e | 168 | 10101000 | Réseau |
| 3e | 10 | 00001010 | Réseau |
| 4e | 25 | 00011001 | Hôte (poste n°25) |
Dans cet exemple d’adresse IPv4, le réseau est 192.168.10.0 et peut accueillir 254 appareils (de .1 à .254), car la première adresse identifie le réseau et la dernière (.255) sert à la diffusion. Une valeur supérieure à 255 dans un bloc, comme 192.168.300.1, est invalide : c’est l’erreur de saisie la plus fréquente lors d’une configuration manuelle.
Quelques adresses ont une signification particulière et méritent d’être reconnues au premier coup d’œil :
- 127.0.0.1 : l’adresse de bouclage, qui désigne la machine elle-même.
- 169.254.x.x : une adresse auto-attribuée quand l’appareil n’a pas obtenu de réponse du serveur DHCP, signe d’un problème de câble, de Wi-Fi ou de service DHCP.
- 0.0.0.0 : une adresse non définie, ou « toutes les interfaces » selon le contexte.
- 255.255.255.255 : la diffusion générale sur le réseau local.
Quelle est mon adresse IPv4 ? La retrouver pas à pas
La question « quelle est mon adresse IPv4 » appelle en réalité deux réponses. Votre appareil possède une adresse locale, généralement privée, et votre connexion internet sort sous une adresse publique, partagée par tous les équipements situés derrière la même box ou le même pare-feu.
Afficher son adresse IPv4 locale
- Sous Windows : ouvrez l’invite de commandes, tapez
ipconfigpuis repérez la ligne « Adresse IPv4 » de la carte réseau active (Ethernet ou Wi-Fi). - Sous macOS : passez par Réglages système, puis Réseau, puis sélectionnez la connexion active ; l’adresse IP s’affiche dans les détails.
- Sous Linux : la commande
ip addr(ouip -4 apour filtrer) liste les adresses de chaque interface. - Sur smartphone : les paramètres Wi-Fi, en touchant le réseau connecté, indiquent l’adresse obtenue.
- Sur le routeur ou la box : l’interface d’administration présente la liste des baux DHCP, pratique pour inventorier tous les appareils d’un coup.
Connaître son adresse IPv4 publique
L’adresse publique ne s’affiche pas sur le poste, puisqu’elle est portée par l’équipement de sortie. Le plus simple consiste à ouvrir une page de test de connectivité, qui vérifie si la connexion fonctionne en IPv4 (via une requête DNS ou une adresse littérale) et en IPv6, puis affiche les adresses vues de l’extérieur. Les outils de Test de débit internet donnent souvent la même information, avec en prime la latence et le débit réel de la ligne.
Cas particuliers qui faussent le résultat
Plusieurs situations expliquent qu’une adresse affichée ne corresponde pas à ce que vous attendiez. Un VPN actif montre l’adresse du serveur VPN, pas celle de votre connexion. Certains opérateurs, notamment en 4G, 5G ou sur des offres grand public, pratiquent le CGNAT : plusieurs clients partagent la même adresse IPv4 publique, et l’adresse lue sur la box commence alors souvent par 100.64 à 100.127. Enfin, une connexion qui fonctionne uniquement en IPv6 renverra un résultat IPv4 vide ou passera par un mécanisme de traduction de l’opérateur.
Adresses IPv4 publiques et privées : à quoi servent les plages réservées
Pour économiser les adresses, trois plages ont été mises de côté pour les réseaux internes. Elles ne sont jamais routées sur internet et peuvent être réutilisées librement dans chaque entreprise ou chaque foyer.
| Plage privée | Notation CIDR | Nombre d’adresses | Usage typique |
|---|---|---|---|
| 10.0.0.0 à 10.255.255.255 | 10.0.0.0/8 | 16 777 216 | Grandes infrastructures, multi-sites |
| 172.16.0.0 à 172.31.255.255 | 172.16.0.0/12 | 1 048 576 | Réseaux de taille moyenne, environnements virtualisés |
| 192.168.0.0 à 192.168.255.255 | 192.168.0.0/16 | 65 536 | Box, TPE, petites agences |
Le passage entre ces adresses internes et l’adresse publique est assuré par la traduction d’adresses (NAT) sur le routeur ou le pare-feu. C’est ce mécanisme qui a permis à IPv4 de tenir aussi longtemps : des centaines de postes peuvent sortir sur internet derrière une seule adresse publique.
Classe IPv4 : A, B, C, D et E
Historiquement, l’espace d’adressage était découpé en classes selon la valeur du premier octet. Ce découpage rigide gaspillait beaucoup d’adresses et a été remplacé par le routage CIDR, qui permet des masques de n’importe quelle longueur. On parle pourtant encore de classe IPv4 dans les cours, les certifications réseau et les interfaces de certains équipements.
| Classe | Premier octet | Masque par défaut | Hôtes par réseau | Usage |
|---|---|---|---|---|
| A | 1 à 126 | 255.0.0.0 (/8) | 16 777 214 | Très grands réseaux |
| B | 128 à 191 | 255.255.0.0 (/16) | 65 534 | Réseaux moyens |
| C | 192 à 223 | 255.255.255.0 (/24) | 254 | Petits réseaux |
| D | 224 à 239 | Sans objet | Sans objet | Multicast (diffusion de groupe) |
| E | 240 à 255 | Sans objet | Sans objet | Réservée, expérimentale |
Le bloc 127 n’apparaît dans aucune classe utilisable : il est entièrement consacré au bouclage local. Dans la pratique, un administrateur raisonne aujourd’hui en préfixes (/22, /27, /30) plutôt qu’en classes, ce qui permet d’ajuster finement la taille de chaque sous-réseau au nombre réel d’équipements.
Combien d’adresses IPv4 possibles, et pourquoi le stock est épuisé
Avec 32 bits, le calcul est direct : 2 puissance 32 donne 4 294 967 296 adresses, soit un peu plus de quatre milliards d’identifiants, ordre de grandeur rappelé par l’ICANN. Le nombre réellement attribuable sur internet est inférieur, car il faut retirer les plages privées, le bouclage, le multicast, la classe E et divers blocs de documentation ou de test.
Face à des milliards de smartphones, d’ordinateurs, de serveurs et d’objets connectés, ce volume ne suffit plus. Les registres régionaux qui distribuent les adresses, dont celui qui couvre l’Europe, n’ont plus de grands blocs libres à attribuer, et l’Arcep suit de près cet épuisement en France. Conséquence concrète : une adresse IPv4 publique est devenue une ressource rare, qui se loue, se revend et se facture, chez les opérateurs comme chez les hébergeurs.
Connectivité IPv4 et IPv6 : faire cohabiter les deux protocoles
IPv6 a été conçu pour remplacer IPv4 avec des adresses de 128 bits, ce qui fait disparaître le problème de rareté. Les deux protocoles ne sont toutefois pas compatibles directement : un équipement uniquement IPv6 ne peut pas joindre un serveur uniquement IPv4 sans passerelle de traduction. La solution la plus répandue reste la double pile (dual stack), où chaque appareil dispose à la fois d’une adresse IPv4 et d’une adresse IPv6.
Pour un réseau professionnel, cela implique de vérifier que le pare-feu filtre les deux protocoles avec la même rigueur, que les commutateurs et points d’accès gèrent IPv6, et que les applications métier ne codent pas en dur des adresses IPv4. Côté hébergement, la présence d’une adresse IPv4 dédiée, son coût et la prise en charge d’IPv6 font partie des critères à intégrer dans un Comparatif hébergement web, au même titre que les performances.
Gérer ses adresses IPv4 en entreprise : bonnes pratiques réseau
Dans un contexte B2B, l’adressage IPv4 conditionne la sécurité, la supervision et la capacité à faire évoluer l’infrastructure. Un plan d’adressage improvisé finit presque toujours par coûter cher, au moment d’ajouter un site, un VLAN ou une solution de téléphonie IP.
- Segmenter par usage : un sous-réseau pour les postes, un pour la VoIP, un pour les serveurs, un pour les invités, un pour la vidéosurveillance. Le filtrage entre segments devient alors lisible.
- Réserver des plages fixes : imprimantes, serveurs, NAS et équipements d’infrastructure gagnent à avoir une adresse statique ou une réservation DHCP, documentée.
- Éviter le 192.168.1.0/24 par défaut : c’est la plage de nombreuses box grand public, source de conflits dès qu’un collaborateur se connecte en VPN depuis chez lui.
- Documenter : un tableau à jour (ou un outil d’IPAM) avec chaque plage, sa passerelle, son VLAN et son responsable.
- Prévoir la croissance : un /24 suffit pour une agence de vingt personnes aujourd’hui, mais pas forcément pour les objets connectés de demain.
Le choix des plages devient critique dès que plusieurs implantations doivent communiquer. Deux agences qui utilisent la même plage privée ne peuvent pas être reliées par un tunnel sans contournement complexe. Avant de Connecter entreprises et réseau d’entreprise, attribuez donc une plage distincte à chaque site, par exemple 10.1.0.0/16 pour le siège et 10.2.0.0/16 pour la première agence.
L’adresse publique mérite la même attention. Une adresse IPv4 fixe facilite l’accès distant sécurisé, l’hébergement d’un service interne, le filtrage par liste blanche chez un partenaire ou la configuration d’un VPN site à site. Elle n’est pas systématiquement incluse : il faut la vérifier, avec son éventuel surcoût, lors de la souscription d’un Abonnement réseau B2B entreprise.
Dernier point souvent négligé : la circulation de ces informations. Un plan d’adressage, les adresses publiques d’un site ou les règles de pare-feu sont des données sensibles. Lorsque vous les transmettez par e-mail à un intégrateur et à plusieurs interlocuteurs internes, maîtriser l’usage des champs CC et CCI évite d’exposer la liste des destinataires ou de diffuser la configuration au-delà du cercle nécessaire.
Une adresse IPv4 permet-elle d’identifier une personne ?
Pas directement. L’adresse publique désigne une connexion à un instant donné, souvent partagée par plusieurs appareils ou plusieurs clients en cas de CGNAT. Seul l’opérateur peut, dans un cadre légal précis, faire le lien avec un abonné. Elle permet en revanche une localisation approximative, en général à l’échelle d’une ville ou d’une région.
Pourquoi mon adresse IPv4 publique change-t-elle régulièrement ?
Beaucoup d’offres attribuent une adresse dynamique, renouvelée lors d’un redémarrage de la box ou à intervalle variable. Pour un usage professionnel nécessitant un accès distant stable, une adresse fixe ou un service de DNS dynamique règle le problème.
Peut-on désactiver IPv4 si la connexion fonctionne en IPv6 ?
C’est déconseillé dans la plupart des réseaux d’entreprise. Une partie des sites, des services cloud et des applications métier reste accessible uniquement en IPv4. La double pile demeure l’approche la plus sûre tant que l’ensemble de votre écosystème n’est pas validé en IPv6.
Deux appareils peuvent-ils avoir la même adresse IPv4 ?
Sur un même réseau local, non : un conflit d’adresses provoque des coupures intermittentes sur les deux machines. En revanche, des millions d’appareils dans le monde utilisent la même adresse privée, comme 192.168.1.10, sans aucun problème, puisque ces adresses ne sortent jamais telles quelles sur internet.
